Bientôt 15 ans et déjà une longue histoire.


Slow Food Biarn a été créé début 2001

Il y a 14 ans, le 19 janvier 2001, une Assemblée Constitutive d’une soixantaine de personnes  réunies à l’Université de Pau, adoptaient les statuts d’une association loi 1901, qui allait devenir  le 4ème convivium Slow Food  crée en France, après son adhésion à la charte du mouvement international. Biarn est le nom occitan qui a été choisi à cette occasion pour l’identifier. Bon nombre des fondateurs sont encore très actifs actuellement, et le convivium s’est depuis, bien développé.

A l’origine de la démarche

La sauvegarde du patrimoine du goût béarnais a été et reste une forte motivation, notamment pour  un groupe de vignerons du Jurançon et du Madiran inquiets. Avec quelques universitaires et consommateurs  avertis, ils s’inquiétaient de voir se banaliser et se dégrader le goût lié à la culture de leur région, victime de cette standardisation généralisée de la nourriture, consécutive à la mondialisation imposée par les firmes agroalimentaires. Producteurs et consommateurs s’unissaient donc dans une sorte de résistance culturelle et identitaire basée sur la convivialité, le plaisir du goût et la découverte du riche potentiel gastronomique  qu’offraient encore des produits de qualité de plus en plus menacés. Slow Food devenait un outil pour comprendre et analyser les conséquences à terme de cette dégradation. Surtout il permettait de réagir en soutenant les initiatives individuelles ou collectives restant fidèles à une certaine idée de la qualité, inscrites  dans un projet de développement durable, respectant les écosystèmes et la vie des sols, la biodiversité des variétés cultivées ou des races élevées. Toutes ces personnes qui par leur travail rendent nos aliments bons, propres et justes, pérennisent en les adaptant les savoirs faire, devaient être reconnues et valorisées. Aux consommateurs ensuite de choisir à bon escient, en sachant apprécier et goûter, en privilégiant les circuits courts et la proximité.


Faire connaître et valoriser les produits du Béarn

 La création  de la sentinelle « fromage d’estives des Pyrénées béarnaises » en  août 2008, après plusieurs années de collaboration avec l’association des bergers transhumants, illustre parfaitement cette démarche. Entre temps un certain  nombre de productions  remarquables  du Béarn dont la sauvegarde n’était pas assurée, entraient à notre initiative parmi les produits de l’Arche Slow Food. Ainsi : la vache de race béarnaise, la chèvre des Pyrénées, les haricots maïs du Béarn, la pêche Roussanne de Monein, le maïs grand roux, le « greuilh » de brebis de nos montagnes,  étaient distingués au niveau international et leurs producteurs souvent invités à participer à Terra Madre à Turin ou à des salons nationaux (Montpellier, Tours, Bordeaux , Gap etc..) avec le fidèle accompagnement  des vins de Jurançon ou de Madiran pour agrémenter les multiples ateliers de dégustation présentés au public.

De nombreuses autres  initiatives


Outre les très nombreuses rencontres avec les producteurs (voir document xxx) quelques autres partenariats marquants ont jalonnés la vie du convivium. Les échanges avec l’Espagne et notamment l’Aragon ont commencé en 2005 à la faveur d’un programme transfrontalier Inter-reg qui nous a permis d’initier des voyages à la découverte des produits remarquables du sud des Pyrénées et d’échanger des expériences avec le convivium de Saragosse. Depuis, sept voyages de deux jours, du Guipuzcoa aux confins catalans, nous ont révélés d’insoupçonnées richesses gustatives dans presque toutes les vallées des affluents de l’Ebre. Avec la MJC Berlioz à Pau, la participation de Slow Food Biarn à 3 éditions de Rêve de ville, puis au Festival de la Petite Enfance, aux Hestivales de Billère, à la semaine du Développement Durable avec Ecocène, ou à des manifestations anti-OGM, témoignent de notre intégration progressive dans la vie de la cité et de la reconnaissance que nous accordent désormais les autres associations. Tout comme notre participation au projet de « Ferme du goût » qui tarde hélas à voir le jour. Il y a aussi le rituel chaque année  des marches en Jurançon ou en Madiran, en collaboration avec les vignerons, ou des accords de l’estive à Lacommande, pour les fromages des bergers  transhumants.

Béarn/ Biarn : les changements depuis 2011 :


L’année 2011 commence  mal par un contrôle fiscal de notre association qui nous inquiète à tort, puisque finalement rien ne sera reproché à notre gestion comptable. C’est donc  le moment opportun pour déposer une demande d’agrément d’Intérêt Général. Celle-ci devant nous permettre de délivrer des reçus fiscaux ouvrant droit à déduction d’impôts pour les dons et cotisations que nous allions recevoir. Ce dénouement, très  positif pour nos adhérents, nous incita, lors de l’Assemblée Générale de 2012, à nous mettre encore plus en conformité avec cette orientation dite d’intérêt général qui correspond très  bien aux implications, aux pratiques et même à la philosophie de notre convivium. Le Conseil d’Administration proposa donc au vote, une révision des statuts restés inchangés depuis 2001. Leur objet  précise mieux le caractère non lucratif de toutes nos activités qui ne reposent que sur du bénévolat. Deuxième décision importante : le siège social est transféré à la Pépinière à Pau. Cette institution créée par la Caisse d’Allocation Familiale pour retisser du lien social, en nous accueillant, nous permet désormais de collaborer en faveur  de publics qu’il n’est pas toujours facile de sensibiliser aux bonnes pratiques alimentaires et au goût, surtout pour des raisons économiques. Ce défi à relever nous éloigne des qualificatifs « élitistes » ou « gastronomes » qui ne correspondent pas à nos finalités. Au contraire, nous souhaitons pour tous, le droit à une nourriture de qualité. Le troisième point le plus discuté fut celui du nom du convivium : Biarn ou Béarn ? Pour les uns, Béarn améliore notre lisibilité sur internet surtout au moment où disparaît Slow Food France et que doit s’imposer une communication plus régionale. Pour les autres : Biarn est une référence forte à notre attachement culturel et à ces racines que nous défendons si souvent.  L’Assemblée Générale, à une majorité très relative, opta cette fois pour «  Béarn ». Au nom officiel, nous associerons le plus souvent possible « Biarn », ce nom de naissance qui a forgé et qui fait toujours partie de notre identité.